
Quand le cancer, une blessure ou une maladie congénitale cause d’importantes déformations physiques, la reconstruction peut être un processus long et difficile pour les patients, surtout si ces déformations touchent des endroits très visibles de la tête ou du cou.
La science de la médecine reconstructive a heureusement fait d’énormes progrès au cours des deux dernières décennies, et surtout en Alberta. La province est devenue un chef de file reconnu dans ce domaine grâce à la vision commune des docteurs John Wolfaardt et Gordon Wilkes.
« À l’époque, les options pour la reconstruction faciale étaient limitées. C’était frustrant pour les patients et pour nous. Les patients dont le visage avait été très endommagé devaient endurer chaque jour les lourdes et douloureuses procédures de fixation des prothèses faciales sur leur peau sensible
», dit le Dr Wolfaardt. « Nous savions que nous avions besoin d’une toute nouvelle solution.
»
En 1993, ils ont tous deux mis sur pied l'Unité de réadaptation de prothèse d'osséointégration craniofaciale et maxillo-faciale, maintenant appelé Institute for Reconstructive Sciences in Medicine (iRSM) à l’Hôpital communautaire Misericordia d’Edmonton. Depuis, les activités de recherche et de développement qui sont menées à iRSM ont fait évoluer les connaissances dans les domaines des techniques chirurgicales, de la thérapie prothétique et de l’étude des conséquences comportementales et fonctionnelles, aidant ainsi les patients du Canada et du monde entier.
L’équipe novatrice et multidisciplinaire de l’iRSM est composée d’experts dans diverses disciplines, notamment la chirurgie, la médecine, la dentisterie, la médecine de réadaptation, le génie et les sciences informatiques. Bon nombre de patients de l’iRSM n’ont donc plus besoin de prothèses fixées à leur visage : des implants biochimiques, comme des appareils auditifs, peuvent maintenant être soudés de façon permanente sur les os.
Grâce à un investissement de près de 1 million de dollars de DEO, on a pu construire et équiper le Laboratoire de recherche en modélisation médicale (LRMM), le premier laboratoire en son genre au Canada. Comme le LRMM permet aux chirurgiens de créer un modèle virtuel tridimensionnel et physique de la tête et du cou de leur patient, on assure aux patients de meilleurs résultats, économise du temps et de l’argent dans la salle d’opération, et peut fournir et transmettre plus facilement de l’information.
En 2006, DEO a investi 975 000 dollars dans un deuxième projet qui permettra de faire l’essai du logiciel Implant Manager, logiciel de gestion d'implants dentaires créé par l’équipe de recherches chirurgicales de l’iRSM et par Redengine Inc., une société albertaine d’élaboration de logiciels. Implant Manager permet aux cliniciens de voir des images tridimensionnelles des implants avant la chirurgie et d'expliquer efficacement la procédure aux patients et à leur famille.
Les étapes d’élaboration, de démonstration et d’essai ont compris notamment la mise en place de cette technologie à titre de projet pilote sur dix sites de six différents pays. Implant Manager a attiré l’attention de la collectivité internationale et on examine actuellement la possibilité de le commercialiser.
En 2008, les docteurs Wolfaardt et Wilkes ont reçu le ASTech Foundation Special Award, prix qui souligne les réalisations des collectivités scientifiques et technologiques de l’Alberta afin d’inspirer l’innovation et le leadership dans la province.